Julien et les autres...

Publié le par AFADB


 
Julien , 17 ans, a trouvé un équilibre de vie pour gérer sa maladie sans dramatiser.
 « Je suis comme les autres »

A la veille du bac de français, Julien Courteil participe aujourd'hui à la randonnée « Diabé Tonic » ,sur les bords de Cher .Avec une énergie à l'image de sa vie au quotidien. Quand votre diabète s’est-il déclaré ? Jusqu’à l’âge de dix ans, aucun signe avant-coureur ne présageait que je serais concerné par le diabète. En mars 1998, j’ai commencé à être anormalement fatigué, à ressentir des vertiges, une soif fréquente, mais le médecin ne diagnostiquait pas les  causes de ce malaise. C'est l’analyse glycémique avec un  taux  supérieur à 8 grammes, révélé par la prise de sang, qui m ' a conduit directement aux urgences. Je suis resté trois jours en réanimation, sous pompe à insuline. En faij,j'avais une  prédisposition génétique au diabète de type 1 et celui-ci s’est déclaré suite à une opération qui m'avait angoissé. Comment avez-vous réagi lorsque vous avez pris conscience que rien ne serait plus comme avant ?.Je suis d'un naturel curieux et j'ai voulu comprendre, mettre des mots sur ce qui m'arrivait. Par chance, le pédiatre qui m'a encadré a pris le temps de m'expliquer posément la nouvelle donne et de me rassurer. Certes, j'allais devoir gérer le diabète tout au long de ma vie, mais cela ne voulait pas dire que ne vivrais pas longtemps. Très vite, j'ai appris à me faire les injections d'insuline pour être autonome.   A 10 ans, c'était très raisonnable. Vous n'éprouviez aucun sentiment d'injustice ? .Oh, si, les premiers mois après ma sortie de l'hôpital ont été houleux. De retour à la maison, j'ai exprimé ma colère en me rebellant contre ma famille: pourquoi étais-je atteint par le diabète alors que mes frère et sœur aînés étaient épargnés ? J'étais tenté de culpabiliser mes parents...Justement, comment vos proches vous ont-ils soutenu ? .Au début, j'étais le centre de toutes les attentions, ils étaient très vigilants. Ma mère pesait la nourriture, elle avait fait disparaître toutes les tentations gourmandes de la maison. C'était infernal. Nous avons tous dû prendre du recul et j'ai mûri. Je voulais surtout reprendre un rythme scolaire normal, sans porter l'étiquette « diabétique ». L'institutrice de CM l avait beau annoncer un redoublement après mes absences répétées pendant un  trimestre, je n'ai pas baissé les bras. Mes frère et sœur m'ont  aidé à rattraper le retard et je me suis battu, avec succès, pour réussir mes compositions, comme les autres. D'ailleurs, vous refusez de parler  de maladie….   Je préfère considérer le diabète comme un  "souci de santé", à gérer au quotidien, sans dramatiser. Je refuse le statut de " malade " ou de'  " handicapé " qui m'exclurait, me situerait à part et me donnerait droit à un tiers temps lors  des examens, par exemple. J'ai toujours pratiqué un sport, au risque de causer des frayeurs aux professeurs. Au collège, ma mère restait à proximité au cas où. Il a fallu se battre pour que je participe aux voyages scolaires, aux sorties ski. Aujourd'hui, je suis des cours de cirque, de théâtre de rue et plusieurs entraînements physiques par semaine. Tous ces loisirs contribuent à mon équilibre. Vous avez également pris part aux actions de l’Association Française d’ Aide aux Diabétiques...  Ma mère a compté parmi les membres fondateurs en tant que parent d'enfant diabétique, en 2001. Je participe à des manifestations comme le Téléthon, les spectacles du festival médiéval ou récemment, aux États généraux sur l' engagement. L'association est aussi un relais pour progresser  contre les discriminations relatives au permis de conduire et se tenir informé des avancées de la recherche scientifique; Je ne sais pas si nous pourrons un jour guérir du diabète, mais on peut espérer des progrès dans les traitements pour gagner en souplesse et en confort dans notre vie de tous les jours.

 

                               Interview de Estelle Avlon paru dans le quotidien "La Montagne"

 

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Publié dans Les Nouvelles

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